Parcours de photographe et de gestionnaire culturel
Juan Carlos Sánchez de Lamadrid est un entrepreneur sévillan doté d'une brillante carrière dans la photographie et la gestion culturelle. Titulaire d'une licence en journalisme de l'Université de Séville, il a débuté son parcours professionnel comme reporter-photographe, parcourant le monde avec son appareil.
Son travail photographique lui a valu des distinctions comme le Fuji Press Photo Award et des expositions dans de nombreuses galeries et institutions culturelles. En parallèle, Juan Carlos a fondé il y a plus de deux décennies Monto Cultura, entreprise à travers laquelle il a piloté des projets d'envergure liés à la photographie, au flamenco et à la culture visuelle, en partenariat avec la mairie de Séville, la Biennale de Flamenco ou la Fondation Cajasol.
Ce parcours lui a forgé une solide expérience de gestionnaire culturel, coordonnant équipes, publics et événements, et affinant un regard très personnel sur le territoire, l'identité et les traditions.
Du monde de l'image à « l'or blanc », le sel marin
Avec l'arrivée de la pandémie de 2020, Juan Carlos a connu un tournant inattendu dans sa vie professionnelle, lorsque lui et son épouse, Macu Gómez, ont participé par curiosité à un despesque (pêche traditionnelle) dans des salines de la baie de Cadix. À la fin de la journée, on leur a vendu un petit sachet de fleur de sel à prix élevé, ce qui a piqué leur curiosité : « Je ne savais pas ce que c'était et nous nous sommes mis à chercher », se souvient Juan Carlos.
En octobre 2020, ils ont suivi une formation en saliculture artisanale et, peu après, ont entrepris de demander la concession de la Saline La Esperanza, un espace naturel de la baie de Cadix abandonné depuis longtemps. C'est ainsi qu'est née Dama Blanca, la marque sous laquelle Juan Carlos et Macu ont commencé à récolter le sel marin de manière traditionnelle, guidés par leur amour de la mer et de la nature.
Récolter le sel avec le soleil, les mains et la marée
À la Saline La Esperanza, située entre Puerto Real et El Puerto de Santa María, Juan Carlos travaille manuellement, avec des outils traditionnels et un soin minutieux, où le soleil et le vent comptent autant que les mains qui récoltent le sel.
Sa philosophie est claire :
- Respecter la tradition salicole, en redécouvrant des techniques et des savoir-faire ancrés dans le patrimoine de Cadix.
- Protéger l'écosystème, en cohabitant avec les oiseaux migrateurs et les espèces protégées peuplant les marais.
- Offrir un « vrai » sel, sans additifs, en production limitée et d'une pureté telle qu'il écarte une part de la récolte si elle n'atteint pas ses exigences.
Sous la marque Dama Blanca, il élabore différents types de sels marins gastronomiques : sel marin vierge, fleur de sel, flocons de fleur de sel et gros sel, toujours selon une approche artisanale et durable.
Cependant, pour Juan Carlos, le produit n'est qu'une facette de l'histoire : sa réelle motivation est de reconnecter chacun avec la saveur authentique du sel et avec le paysage qui le fait naître.
La passion de Juan Carlos pour cet « or blanc » se ressent à chaque visite de la saline, captivant ses auditeurs avec des récits de sel, de vent et de soleil.
Vision, présent et avenir
Juan Carlos a commencé à faire voyager le sel de la baie de Cadix au-delà de l'Andalousie, s'ouvrant aux marchés internationaux et collaborant avec des chefs et projets gastronomiques partageant sa passion du terroir.
Parmi ses ambitions figure la reconnaissance et la protection accrue du sel local, notamment via la future IGP pour le sel de la baie de Cadix. Juan Carlos prouve qu'il n'est jamais trop tard pour changer de voie et transformer une tradition oubliée en un projet d'avenir.